REGARD FEMININ

REGARD FEMININ

 

Nous avons tous nos préférences, modelées par notre enfance, notre éducation, nos expériences, le temps.

L’image fixe, pour moi,  reste un mystère ou l’émotion que j’ai pu  ressentir, varie dans le temps.

Nos premiers amours de jeunesse sont rarement ceux de notre fin de vie.

Mais une petite musique originelle,  nous obsède.

Nous l’écoutons inconsciemment. Elle nous aiguille, fait partie de nous même.

 

Après une année riche en rencontres et en ruptures autant esthétique qu’humaine.

La déception et la trahison que nous pouvons parfois subir, sont souvent de puissants moteurs pour rebondir, réfléchir, s’affranchir de nos tabous et de nos retenues.

 

On parle souvent de liberté.

C’est un concept tellement vague et complexe….

Elle nous délivre, certes, mais en même temps nous structure.

Elle nous nous fait prendre conscience de nos limites et des chemins à construire ailleurs, en harmonie avec les autres.

 

Bref, conscient de ces petites réflexions,  j’ai décidé d’assumer maintenant mon « Regard Féminin »

 

Voilà vingt ans que cette expression revient comme un « leitmotiv »  à toutes mes expositions et publications.

S’agissant de paysages, de portraits, de nus, cette phrase dite timidement, souvent, (comme si il pouvait s’agir d’un reproche, parfois…. ) s’installe dans ma vie.

 

J’avoue que j’ai été troublé, longtemps,  par une telle insistance.

Lors de mes discussions avec mes « confrères », très souvent, mon travail ressemble à  un exercice d’interrogation(s).

Mes éclairages « clair obscur », mon amour du noir, ma distance, mon respect (souvent pris pour un manque d’audace), la douceur, le dialogue, le temps, l’énergie émotionnelle, mon classicisme apparent, la construction conjointe avec mon modèle, donnent l’impression de ne pas me situer dans un monde très masculin.

Alors que ce regard féminin, semble beaucoup plus clair pour les femmes-photographes qui rentrent beaucoup plus facilement dans mon univers et en font une  synthèse plus proche de mes préoccupations.

 

Je ne serais jamais Reporter de guerre, Chroniqueur social, ce sont des métiers passionnants et nobles, mais qui vous dévorent et je connais mes limites.

Ces images me hantent et me fascinent, mais la réalité à un goût insistant de désastre.

En outre, se servir du réel et le montrer en image, m’intéresse parfois dans le voyage mais  peu. D’autres le font mieux que moi.

 

Ce qui me ressemble, c’est de créer de bout en bout une photographie.

Une rencontre, parler, découvrir un visage, un caractère, une histoire, un physique, un endroit, une voix, des gestes, une pudeur, des corps. Des êtres qui vivent pour être eux mêmes et non pour paraître.

Se faire photographier pour savoir qui on est et non pour devenir un autre. (ce qui est parfois tout à fait louable pour s’évader d’une certaine réalité)

 

Mon imaginaire peu construire une histoire.

Notre monde ultra violent est comme une petite bombe en suspens.

 

Je vis dans un des rares pays privilégié ou la liberté de parole et de créer, est respectée.

Même si parfois la flamme est vacillante.

 

Photographe, sculpteur, dessinateur, comédien, peintre, écrivain etc.. nous mettons en scène ce monde.

Nous respectons nos contraires. Nous pouvons les combattre parfois, par ce que nous projetons.

L’homme, la femme, qui se trouve derrière une image… une création, est toujours plus importante que l’œuvre elle même. 

 

 

                                                            Philippe ODDOART – Photographe – 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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